J’ai brûlé fort longtemps d’une amour assez grande
Et que jusqu’au tombeau je dois bien estimer,
Puisque ce fut par là que j’appris à rimer:
Mon bonheur commença quand mon âme fut prise.
J’adorai donc Philis, et la secrète estime
Que ce divin esprit faisait de notre rime
Me fit devenir poète aussitôt qu’amoureux.
(Excuse à Ariste - 1637).
Dans ces vers Corneille évoque ses amours de jeunesse et sa belle inspiratrice. Elle s’appelait Catherine Hue, ils s’aimaient, mais elle était beaucoup plus riche que lui. Le mariage ne se fit pas et cette douloureuse éducation sentimentale devint le matériau du poète. Des premières comédies à la Querelle du Cid, des grandes tragédies aux premiers échecs, nous suivons l’homme à travers ses pièces, sa correspondance, ses poèmes. Corneille vieillit, il rencontre Marquise Duparc. Commence alors le cycle des poèmes d’amour à Marquise;
Marquise si mon visage
A quelques traits un peu vieux
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.
Et puis le succès de Racine grandit, les difficultés financières s’installent, le public oublie vite ses idoles. Il faut se plaindre à Colbert et même au Roi. Et puis un soir de 1684 " la fièvre l’a pris, et il est mort ". C’est ce parcours biographique et littéraire que retracent 3 comédiens à l’aide des écrits de Corneille et des témoignages de ses contemporains.


